1ère partie de Black M

Abou Debeing

Si son nom peut paraître compliqué à prononcer, sa musique est facile à retenir : Abou Debeing est la nouvelle révélation de cette scène rap français qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Pourtant, rien n’était écrit pour ce franc-tireur qui a grandi à Paris, entre le 9ème arrondissement et le quartier populaire de Belleville. Abou découvre le groove de Bob Marley et Jimmy Cliff avec son père, la danse au collège et le hip-hop avec la Sexion D’Assaut, qui voit en lui un petit frère et l’embarque dans ses virées rapologiques. « Moi j’ai été éduqué dans le rap, on allait à tous les concours possibles. C’était ça le hip-hop à l’ancienne : au Batofar il fallait avoir 16 ans, j’en avais 13 et ½. Freestyles, nuits blanches, sessions de la rue Milton, j’ai tout fait avec la Sexion » se souvient Abou.
Le premier passage en studio sera en 2003, avec son groupe à géométrie variable, L’Institut. « C’était le début, j’étais fier mais ça n’était pas fameux en vérité. J’ai eu des retours non pas sur ma performance mais sur ma voix. Barack Adama m’appelait la voix d’or, j’avais une voix cassée ». L’Institut sort un EP, puis se sépare. Abou songe à arrêter la musique. Il travaille dans l’ombre comme auteur avec Maitre Gims, Maska, Black M. C’est Barack Adama qui va convaincre Abou de revenir au micro. « Un jour, il m’a dit qu’il ne me prendrait plus au téléphone tant que je n’aurais pas enregistré un morceau solo. Pendant un mois, il ne m’a pas calculé. Je l’ai fait, et il a dit “Enfin !” À partir de là j’ai repris le goût. Je suis revenu en 2014 avec “Billet Facile” dans un style afro, featuring Shin Sekai, Dry et Dr. Bériz. On a fait 5 millions de vues ».
Abou Debeing est de retour dans le game et cette fois, il est là pour longtemps. Sa stratégie : enchainer les singles. Début 2016, il lance une ode à Paris, « Taçatwa », sur les réseaux sociaux, comme une bouteille à la mer. La suite va propulser Abou dans de nouvelles sphères. « Serge Aurier, que je connais, me donne de la force et partage souvent mes vidéos. Je lui envoie un message disant que j’ai fait un morceau où je parle de lui et du PSG. Il l’écoute, et il me dit qu’il me réserve une surprise. Il a posté une vidéo avec Matuidi, Rabiot et Kurzawa où ils chantaient mon refrain “J’suis pas français, j’suis parisien”. Le lendemain, Le Monde, Le Parisien, BFM et plein de médias ont brûlé le truc. Et là, ça a dépassé tout ce qu’on imaginait. On a eu un buzz de fou ».

Abou enclenche le turbo : « Sorry » avec la chanteuse Aya Nakamura cartonne à 8 millions de vues Youtube, puis c’est « Mi Amor », « Player » avec Lartiste en feat, suivi de « Dansa » avec Hcue et d’« Étoile Filante » avec KeBlack. Abou est chaud, il est fin prêt pour l’album. Ce sera une dinguerie, ce sera Debeinguerie. Les sonorités de ce premier disque sont ambiancées : pas un morceau qui ne bouge pas sur Debeinguerie.
Pour réaliser ses sons qui frappent, Abou s’entoure des meilleurs. Dany Synthé assure la prod sur « Blessé », « Mi Amor » en mode reggaeton, « Beauté Blessante » featuring Black M et « Taçatwa » en binôme avec Scala Prod. Hcue gère « Dansa », « Mon Petit » et « Elle A Tout » tandis que le nouveau single « Boom » est l’oeuvre de Jo A. Sur « Quelqu’un », inspiré par « I Can » de Nas, Abou a l’idée de reprendre la « Lettre À Elise » de Beethoven pour parler cash. « J’y parle d’argent car on ne vit pas dans le monde des Bisounours, sans argent je ne peux pas aider ma famille, ni avoir de perspectives d’avenir ».
Autre thème récurrent des chansons d’Abou : l’amour. « Tombé Sur Elle », en duo avec Dadju de Shin Sekai, raconte comment il a couché avec l’ex de son ami. « Une histoire vécue, mais pas avec Dadju » plaisante Abou. Dans « Remonter », il drague une fille sur Instagram… Et se fait griller par sa régulière. « Guerre » évoque le passé trouble d’Abou, lorsqu’il « vendait de la me-ca comme on vend des tic-tac ». « Ce n’est pas une fierté mais c’est la vérité. J’avais besoin d’en parler, mais dans un morceau festif qui évoque les quartiers. La nuit on sort, et c’est la guerre ». La nuit est aussi au coeur de « Les Sorties (C’Est Toujours Debeing) ». « Je sors beaucoup, et je suis insomniaque. Je rappe “C’est quand la nuit tombe qu’on me voit sourire” parce que j’ai l’air plus heureux la nuit. Comme les gargouilles ! »
« Dansa », un des gros morceaux de l’album, a une histoire singulière : « J’ai découvert l’afro house avec ses sonorités brésiliennes et cap-verdiennes et j’ai kiffé. J’étais en studio et j’ai dit au producteur “Coupe tout, on part sur un autre délire”. On a enregistré “Dansa” et je n’en ai parlé à personne, mais j’avais gardé le morceau dans mon portable. Un jour je suis avec mes potes en voiture, ma playlist défile et on tombe sur le titre. Tout le monde est choqué. Je dis que je l’ai enregistré vite fait, ils me disent “T’es fou, il faut le sortir !” Et depuis que je l’ai finalisé, dans tous les clubs il est incontournable. Ça me fait rire de l’entendre en boite, quand je pense qu’il allait passer aux oubliettes ».
Abou Debieng n’oublie pas la scène : il passera une bonne partie de 2017 à tourner en première partie de son collègue Black M dans tous les Zéniths de France. « Je suis un amoureux de la scène, un showman, je vais lâcher les gros singles, faire bouger les gens ».
Avec Abou, la Debeinguerie n’est jamais finie.


Olivier Cachin


Date

  • dimanche 23 juillet 2017
  • 20h30

Prix du billet

Lieu du concert


boulevard Camille Pelletan 84400 Apt France

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